Le conflit engagé par des frappes israélo-américaines contre l’Iran et les représailles de Téhéran, a déclenché une grave crise au Moyen-Orient. En fait, la perturbation du trafic maritime est une des conséquences directes de cette crise. Cela à commencer par celui des pétroliers, ce qui peut impacter l’approvisionnement mondial et faire s’envoler les prix du pétrole.
Les prix du pétrole s’envolent à cause de la guerre en Iran
Quelques jours après les frappes israélo-américaines contre l’Iran et les ripostes de Téhéran, les prix du pétrole ont commencé à grimper. En effet, c’est une situation qui risque de s’aggraver si le conflit perdure. Selon les analystes, le prix d’un baril de pétrole pourrait dépasser les 100 dollars si les tensions persistent.
Une envolée de 13% ce lundi 2 mars
La crainte d’une flambée des prix du pétrole s’est déjà traduite concrètement sur les marchés. Vendredi 27 février, le prix du baril atteignait 72 dollars, contre 61 dollars en début d’année, soit une hausse rapide en quelques semaines. La tension s’est encore accentuée ce lundi 2 mars, avec un bond spectaculaire de 13% dès l’ouverture des marchés. Cette envolée s’explique par une dégradation de la situation sécuritaire dans le Golfe. Après une attaque ayant touché deux navires au large des Emirats arabes unis et d’Oman, les compagnies maritimes ont été appelées à interrompre la circulation de leurs navires dans cette zone par précaution. Surtout, le trafic a été suspendu dans le détroit d’Ormuz, un passage stratégique par lequel transite environ 20% de la consommation mondiale de pétrole, soit près de 20 millions de barils par jours.
Le prix du baril pourrait atteindre les 120 dollars
Si l’interruption du trafic dans le détroit d’Ormuz devait se prolonger, les conséquences pourraient être lourdes pour les marchés pétroliers. De nombreux analystes estiment qu’un tel scénario pourrait rapidement pousser le prix du baril vers les 100 dollars. En cas de guerre prolongée, certains n’excluent pas une envolée au-delà de 120 dollars. La dernière fois que le prix du brut a dépassé la barre des 100 dollars, c’était au début de la guerre en Ukraine. Face aux risques, les pays membres de l’Opep+ n’ont pas tardé à réagir. Dimanche 1er mars, ils ont annoncé une augmentation de leurs quotas de production de 206.000 barils par jour le mois de mars, afin de tenter de rassurer les marchés et de limiter une flambée incontrôlée des prix du pétrole.
Un risque de hausse des prix du gaz
La hausse des tensions ne concerne pas uniquement le pétrole : le prix du gaz naturel pourrait lui aussi augmenter. Environ un cinquième du commerce mondial de gaz transite par le détroit d’Ormuz, ce qui rend le marché particulièrement vulnérable à toute perturbation durable. Une telle situation pourrait enclencher un cycle prolongé de hausses des prix : carburants plus chers à la pompe, factures d’énergie en hausse, augmentation des coûts de transport…, et à terme, un frein possible à la croissance économique. Selon Michelle Brouhard, analyste chez Kpler, l’Iran aurait aussi un objectif spécifique : maintenir des prix du brut élevés afin de faire pression sur Donald Trump, qui a promis des prix bas de l’énergie à l’approche des élections de mi-mandat prévues en fin d’année.