Parcoursup : les filles et les élèves de milieux défavorisés ont tendance à se dévaluer

Chaque année la plateforme numérique Parcoursup gère les candidatures de plus de 930 000 nouveaux bacheliers et étudiants qui veulent se réorienter. Une étude a été menée sur le rôle de la confiance en soi lors des choix d’orientations réalisés sur Parcoursup. L’équipe de Guide entreprise a détaillé ce sujet.

Certains élèves ont tendance à se sous-estimer lors des choix sur Parcoursup

Une étude menée par l’Institut des politiques publiques (IPP) en 2021 et publiée le mercredi 12 juillet a révélé que les filles et les élèves des milieux modestes ont tendance à se sous-estimer. Par ailleurs, ils seraient plus susceptibles à faire des choix moins ambitieux sur Parcoursup.

En quoi consiste l’étude ?

L’étude s’intitule « Confiance en soi et choix d’orientation sur Parcoursup : Enseignements d’une intervention randomisée. Elle a été menée en 2021 auprès de 2 000 élèves par Camille Terrier, professeure à l’université de Queen Mary à Londres, Renke Schmaker, postdoctorant à HEC Lausanne et Rustamdjan Hakimov, professeur dans le même établissement. Pour ce faire, ces chercheurs ont demandé aux élèves sondés d’estimer leur rang dans la distribution des notes à l’échelle nationale, avant de les comparer avec leur rang réel. L’étude constate alors que parmi les meilleurs élèves (moyenne supérieure à 16/20), les jeunes issus de milieux défavorisés et les filles « ont nettement moins confiance en eux que les garçons et les élèves d’origine sociale favorisée ».

Autocensure et manque de confiance en soi

Les chercheurs ont attribué cette sous-estimation à un manque de confiance en soi. Si l’étude ne donne pas d’explications directes, il semblerait également que cela soit lié au genre et à l’origine sociale. D’après Camille Terrier, il est plausible que les élèves issus de milieux défavorisés prennent en compte leur environnement lorsqu’ils s’auto-évaluent. S’ils sont scolarisés dans des lycées où la majorité des élèves n’ont pas de très bons résultats, leur perception d’eux même va s’en ressentir. Même s’ils ont de bonnes notes, ils peuvent penser que leur niveau est inférieur à celui d’autres élèves scolarisés dans de meilleurs lycées ».  Quant aux filles, « elles sont exposées depuis l’enfance à des normes de genre et de stéréotypes. Elles sont aussi moins en contact avec des modèles féminins de réussite et sont mois à l’aise dans les milieux compétitifs », explique la chercheuse.

Informer les élèves de leur niveau réel

Il est toutefois possible de corriger « les erreurs d’appréciation des élèves » à propos de leur niveau. Pour cela, les chercheurs qui ont mené l’étude proposent d’indiquer « leur position réelle dans la distribution nationale des moyennes générales de terminale » pour « permettre aux élèves de mieux situer leur niveau ». Une autre suggestion émise par les chercheurs consiste à fournir aux candidats des données sur le parcours des étudiants précédemment admis dans chaque filière proposée sur la plateforme d’admission post-bac Parcoursup.

En effet, selon l’étude, la probabilité que les jeunes des milieux modestes choisissent une classe préparatoire aux grandes écoles (CPGE) augmente fortement quand ils sont au courant de leur niveau scolaire. Le constat est le même pour l’écart entre les filles et les garçons. La probabilité pour qu’elles intègrent une CPGE est de 7,8% en moins que les garçons en sachant leur niveau, contre 28% dans le cas contraire.

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