Pourquoi l’absentéisme atteint-il un niveau record en France ?

Le lundi 22 mai dernier, l’observatoire de l’absentéisme Axa a révélé que 44% des salariés ont été absents de leur poste au moins une fois au cours de l’année 2022. Soit près d’un salarié sur deux. Guide entreprise s’est focalisé sur le sujet.

L’absentéisme atteint des records en 2022

Cette étude, la quatrième édition, a été réalisée sur l’analyse de 400 millions de données, issues du portefeuille de 3 millions de salariés suivis par le groupe Axa France. C’est presque une calamité pour les entreprises françaises.

Toutes les tranches d’âge concernées

Selon le baromètre publié par Axa, l’absentéisme au travail a atteint un nouveau record en 2022. Au total, 44% des salariés se seraient absentés au moins un jour au cours de cette année. Ce qui est en hausse comparé aux chiffres de 2019 : 30% (année pré-covid). Cette hausse record concerne également toutes les tranches d’âge. Mais ce sont les plus jeunes qui sont les plus touchés. Entre 2019 et 2022, le taux d’absentéisme a progressé de plus de 50% chez les moins de 30 ans. La progression des 45-50 ans, quant à elle, est de 34,3%.

Et selon le statut professionnel, cette étude démontre que le taux d’absentéisme des salariés ayant un statut cadre a connu une hausse plus importante (+41%) que celui des non-cadres (+36,6%). Par ailleurs, ce sont les grandes entreprises qui sont le plus concernées. Elles ont un taux moyen de 5% dans les structures de plus de 750 salariés contre 3,1% dans les PME de moins de 20 salariés.

Les troubles psychologiques en première cause

Cette hausse record du taux d’absentéisme s’explique surtout par une forte augmentation des arrêts de courte durée. Des arrêts qui peuvent être potentiellement liés aux vagues épidémiques dues notamment au variant Omicron en début d’année auxquelles s’ajoutent les épidémies hivernales de grippe et de bronchiolite. Mais cela n’explique pas la montée de l’absentéisme de l’an dernier. Selon l’assureur, la hausse des arrêts dus aux troubles latents a contribué à l’augmentation des absentéismes en 2022. Il s’agit des troubles psychologiques (troubles anxieux, burn-out…) et des troubles musculosquelettiques (TMS). Les troubles psychologiques sont alors la première cause des arrêts de travail de longue durée avec une part de 22,2% en 2022 contre 19% en 2019, devant les TMS (21,2%).

Un niveau d’absentéisme encore élevé en 2023

Pour 2023, le groupe Axa France prédit une légère accalmie avec un taux d’absentéisme entre 3,75% et 4,40%. Le pourcentage de salariés absents au moins un jour est notamment annoncé entre 35% et 42%. Toutefois, ces deux indicateurs resteraient nettement supérieurs aux niveaux enregistrés en 2019. Les impacts de l’absentéisme peuvent être très lourds pour les entreprises. On peut citer la perte de productivité, dégradation de la qualité du service ou encore stress supplémentaire pour les salariés devant remplacer les absents. Il est primordial pour les employeurs de mettre en place de réelles politiques de prévention. Patrick Cohen, directeur général d’Axa France, suggère « d’augmenter les bilans de santé », de « réguler le télétravail pour éviter une sédentarité ou une connexion trop importante » ou encore de « former les salariés aux premiers secours en santé mentale » pour améliorer la situation. 

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