Ce lundi 5 janvier, les médecins libéraux et les cliniques commencent une grève prévue pour durer dix jours afin de dénoncer diverses mesures dans le budget de la Sécurité sociale 2026. Selon les syndicats, cette grève est une mobilisation d’ampleur inédite et s’annonce « très suivie ».
Mouvement de grève des médecins libéraux à commencer de ce lundi
La grève des médecins a débuté ce lundi pour dénoncer le budget « insuffisant » de la Sécu ainsi que pour exprimer leur crainte de la remise en question de leur liberté d’exercice. Elle devrait conduire à la fermeture de cabinets dans de nombreuses régions et à la mise en arrêt des blocs opératoires.
Un mouvement « très suivi »
« La loi des finances de la Sécurité sociale 2026 acte un choix clair : celui d’étouffer la médecine libérale par des mesures répressives », alertent les syndicats représentatifs de la profession dans un communiqué, appelant les médecins à la grève à compter de ce 5 janvier. Elle sera « très suivie parce que soutenue et initiée par l’ensemble des syndicats médicaux, par l’ensemble des coordinations, par les étudiants en médecine et les internes, mais aussi par la Fédération de l’hospitalisation privée, c’est-à-dire les établissements de santé », explique Franck Devulder, président de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF). Selon un sondage interne réalisé par la CSMF, le taux de participation s’élève à plus de 85%. A 6h ce matin, près de 15.200 médecins s’étaient déjà enregistrés sur la plateforme dédiée.
Un budget de la Sécu insuffisant
Les grévistes dénoncent notamment un budget de la Sécurité sociale insuffisant face à des besoins croissants : le vieillissement de la population, l’augmentation des maladies chroniques et la pénurie de médecins. Ils contestent également le renforcement des contrôles sur les prescriptions d’arrêt de travail ou des mesures permettant aux autorités de baisser « de façon autoritaire » les tarifs de certains actes, en contournant le « dialogue social », perçus comme une remise en cause de leur indépendance médicale. Autre point de crispation : certaines mesures visant à réguler l’installation des médecins, qui pourraient limiter leur liberté d’exercice. Ce dernier point est justement en cours d’examen au Parlement. Pour le syndicat des gynécologues obstétriciens (Syngof), ce mouvement est « la conséquence de politiques qui agressent les médecins », surtout en ce qui concerne les dépassements d’honoraire.
Des mesures pour assurer la permanence
Pendant ces dix jours de grève dont une mobilisation à Paris est prévue le 10 janvier, les cabinets seront fermés et les opérations annulées. Malgré cela, les patients déjà hospitalisés resteront soignés tandis que les personnes arrivant aux urgences ou à la maternité seront, sauf urgences vitales, « transférées vers l’hôpital public », selon les syndicats. Cette grève pourrait mettre sous tension l’hôpital public déjà éprouvé par les épidémies hivernales. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist a cependant annoncé des mesures pour assurer la permanence. « On sait bien que quand on fait un mouvement de grève, on met l’hôpital sous tension », reconnaît Franck Devulder. Il appelle toutefois les patients à une certaine « compréhension » car « c’est leur santé et leur accès aux soins, déjà si difficile, que l’on va mettra dans un déjà réel », a-t-il expliqué.
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